Un bilan visuel annuel désigne un examen de la fonction visuelle réalisé au moins une fois par an, qu’il soit conduit par un ophtalmologiste, un orthoptiste ou dans le cadre d’une téléophtalmologie encadrée. La fréquence adaptée dépend de l’âge, des antécédents et des facteurs de risque individuels.
Pour les habitants des Hauts-de-Seine, il est possible de retrouver votre opticien à Puteaux afin de réaliser un premier contrôle de la réfraction en boutique.
Réfraction et examen médical de l’œil : deux bilans distincts
Le contrôle de la réfraction mesure la puissance de correction nécessaire pour voir net de loin et de près. Il évalue la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie.
L’examen médical de l’œil va plus loin. Il comprend la mesure de la pression intraoculaire, l’observation du fond d’œil et l’analyse de structures comme la cornée, le cristallin ou la rétine.
Confondre les deux conduit à croire qu’un simple test de vue en magasin suffit à écarter toute pathologie. Un contrôle de la réfraction reste utile pour ajuster des lunettes, mais il ne détecte pas un glaucome débutant ni une dégénérescence maculaire.

Ce que couvre chaque type de bilan
- Le contrôle de réfraction, réalisable chez un opticien ou un orthoptiste, vérifie l’acuité visuelle et la correction optique en cours. Il dure une quinzaine de minutes.
- Le bilan orthoptique évalue la coordination oculaire, la convergence et la vision binoculaire, parfois dans le cadre de l’accès direct prévu par le décret de 2022.
- L’examen ophtalmologique complet inclut la dilatation pupillaire, la tomographie en cohérence optique (OCT) et, si nécessaire, une angiographie rétinienne.
Savoir quel bilan correspond à votre situation évite de multiplier les rendez-vous inutiles ou, à l’inverse, de passer à côté d’un dépistage nécessaire.
Accès direct chez l’orthoptiste : conditions et limites du parcours visuel
Depuis le décret de 2022, les orthoptistes peuvent, sous certaines conditions, réaliser un bilan visuel et renouveler ou adapter une prescription de lunettes sans passer d’abord par l’ophtalmologiste.
Ce parcours concerne principalement les patients dont la correction est stable et qui ne présentent pas de pathologie oculaire connue. Les contre-indications incluent le glaucome, le diabète avec atteinte rétinienne et toute baisse brutale de la vision.
L’intérêt est double : raccourcir les délais de prise en charge et libérer du temps médical pour les cas complexes. Les données disponibles montrent des écarts importants de délais d’accès aux ophtalmologistes selon les départements.
Ce que l’orthoptiste ne remplace pas
L’orthoptiste ne pose pas de diagnostic médical. Si l’examen révèle une anomalie, le patient est orienté vers un ophtalmologiste. Le parcours orthoptique complète le suivi médical sans s’y substituer.
Pour les personnes sans facteur de risque particulier, ce parcours constitue une porte d’entrée rapide vers un contrôle visuel régulier, en particulier dans les zones où les délais de rendez-vous chez l’ophtalmologiste sont longs.
Téléophtalmologie et bilan visuel : ce que la consultation à distance permet vraiment
La téléophtalmologie associe un examen réalisé en cabinet (opticien ou orthoptiste équipé) et une interprétation à distance par un ophtalmologiste. Ce dispositif facilite le renouvellement de lunettes et le dépistage de certaines pathologies comme la rétinopathie diabétique.

Le protocole type comprend la prise de mesures réfractives, la capture d’images rétiniennes et la transmission sécurisée des données au médecin. L’ophtalmologiste valide ou ajuste la correction, et peut demander un examen en présentiel si les images révèlent une anomalie.
La téléophtalmologie n’est pas adaptée aux symptômes urgents : baisse soudaine de la vision, douleur oculaire aiguë, apparition de corps flottants ou d’éclairs lumineux. Ces situations nécessitent une consultation physique immédiate.
Pour quels profils ce dispositif est-il pertinent
- Les porteurs de lunettes dont la correction évolue peu et qui souhaitent un renouvellement rapide sans attendre plusieurs mois.
- Les patients diabétiques suivis pour un dépistage régulier de la rétinopathie, en complément de leur suivi endocrinologique.
- Les personnes résidant dans des zones où l’accès à un ophtalmologiste est limité, à condition qu’un professionnel équipé soit disponible à proximité.
Résolution santé 2027 : intégrer le bilan visuel dans une prévention globale
Inscrire un bilan visuel dans ses résolutions santé suppose de déterminer le bon examen selon son profil. Un adulte sans antécédent peut commencer par un contrôle de réfraction, puis consulter un ophtalmologiste tous les deux à trois ans.
Après la quarantaine, la presbytie s’installe progressivement et modifie les besoins de correction. Un suivi annuel devient pertinent à partir de cet âge, en particulier pour les personnes exposées aux écrans de manière prolongée.
Les pathologies silencieuses comme le glaucome à angle ouvert ne produisent aucun symptôme perceptible avant un stade avancé. Le seul moyen de les repérer tôt reste un examen du fond d’œil réalisé par un ophtalmologiste ou via un dispositif de téléophtalmologie.
Prendre rendez-vous en début d’année permet d’éviter la saturation des plannings de fin d’année et de conserver un suivi régulier.
Le décret de 2022 sur l’accès direct aux orthoptistes confirme que le bilan visuel s’inscrit dans une démarche de prévention santé à part entière.
Sources et repères
Krys, fiche locale de l’opticien cité ; Organisation mondiale de la santé, « Cécité et déficiences visuelles » (who.int).

