syndrome de Diogène

La société consumériste et capitaliste a produit l’abondance pour de nombreux habitants du monde. Pour beaucoup d’entre nous, ceci est une chance qui nous permet de répondre toujours aux besoins fondamentaux de l’être humain. Ainsi, nous disposons d’un toit, de relations sociales ainsi que de suffisamment de nourriture pour nous sustenter convenablement. Pourtant, certains troubles psychologiques peuvent amener des personnes en souffrance à rejeter ces bienfaits de la civilisation.

Le Syndrome de Diogène
en est le parfait exemple. Touchant essentiellement les personnes âgées, ce trouble comportemental, aussi appelé syllogomanie, pousse les personnes qui en souffrent à accumuler des objets les plus divers, à négliger leur hygiène corporelle ainsi que celle de leur logement. En parallèle, ils se referment sur eux-mêmes, repoussant les interactions sociales qu’on leur propose. Voici comment réagir si l’un de vos proches souffre de ce trouble.

Reconnaître le syndrome de Diogène

Il faut savoir que le syndrome de Diogène touche essentiellement les personnes âgées, particulièrement les femmes entre 70 et 80 ans. Celles-ci vivant souvent plus longtemps que leur conjoint, elles sont plus sujettes à ce type de trouble qui se déclare souvent après un choc psychologique violent. C’est ainsi qu’un certain laisser-aller dans leur hygiènes corporelle et domestique commence à se manifester, un premier signe qui prévient souvent de l’affection par la syllogomanie.

Par ailleurs, la personne développe souvent une relation étrange aux objets. On distingue deux types de cas. Le « Diogène actif » collecte intentionnellement et spécifiquement certains objets comme des journaux, des pots de yaourts ou des boîtes à œufs par exemple. Le « Diogène passif » qui lui laisse simplement son espace de vie être envahi par les détritus, les objets de consommation, voire les excréments dans certains cas extrêmes. Enfin, la syllogomanie se caractérise aussi par un fort rejet de toute relation sociale.

syllogomanie

Vaincre l’isolement pour contrer la syllogomanie

La plus grande difficulté thérapeutique du syndrome de Diogène est justement ce rejet de toute forme de relation sociale. Dans la plupart des cas, le patient ne demande aucune aide et ne présente pas de signes psychologiques pathologiques. La loi n’autorise pas les médecins à intervenir de force chez une personne qui jouit de ses pleines capacités. La difficulté réside donc dans l’analyse. Est-ce un choix de vie ou une pathologie ?

Il est donc prioritaire d’établir le lien avec la personne. Pour cela, l’ensemble de la famille ou des proches doivent être mobilisés. Une étude sociale des éventuels liens de la personne en souffrance peut être intéressante pour tenter d’actionner des leviers efficaces. L’objectif est de convaincre la personne des bienfaits de la vie en communauté, pour la soutenir dans sa dépression et lui permettre de se remettre au plus vite de son choc psychologique.

De la prise en charge d’urgence au suivi longue durée des patients

Une fois ce premier lien créé, la priorité est d’offrir à la personne un logement décent pour vivre. Il faut donc intervenir pour nettoyer, ranger et désinfecter son habitation. Cette phase est bien sûr essentielle pour lui permettre de vivre dans un environnement sain mais elle est aussi critique car il ne faut pas laisser le doute s’installer à nouveau dans la tête de la personne et donc poursuivre l’accompagnement sur le long terme.

L’opération de nettoyage peut en effet être l’occasion d’un nouveau choix pour la personne qui peut y voir une deuxième perte. Le suivi psychologique par un professionnel des patients souffrant du syndrome de Diogène est donc indispensable pour leur permettre de prendre conscience de leur état et d’entamer un travail personnel pour remonter la pente. Ceci n’exclut pas les proches bien au contraire, qui devront se montrer présents et disponibles pour faciliter un retour à une vie équilibrée.