Encore appelée « le lait des abeilles », la gelée royale est un produit de ruche fabriqué à 100 % par des abeilles. Il s’agit en fait d’une sécrétion glandulaire d’aspect nacré produite par les nourricières et qui se compose de protides, de glucides, de lipides, de vitamines, d’acides aminés, d’eau, etc. Elle contient aussi une protéine nommée royalactine et un acide gras connu sous le nom de (E)-10-hydroxy-2-décénoïque (10HDA). Selon les scientifiques, ces deux molécules auraient des effets exceptionnels sur l’organisme en général et sur la vitalité humaine en particulier.

La gelée royale produite par les glandes cirières des abeilles nourricières est utilisée exclusivement pour nourrir la reine tout au long de sa vie. C’est de là qu’elle tire sa grande fertilité (la reine pond près de 2500 œufs/jour), sa longévité et sa résistance exceptionnelles. Il est très important de distinguer la gelée royale du miel qui lui est produit à partir du nectar des fleurs. Par ailleurs, il faut noter que la production de gelée royale d’une ruche dépasse rarement les 1 kg/an. Pour être qualifiée de biologique, la gelée royale bio française doit être récoltée suivant des méthodes qui répondent à un cahier des charges très strict.

Gelée royale bio : cadre réglementaire

Pour savoir quel est le cadre réglementaire du cahier des charges de la gelée royale bio, il faut se référer au cadre général de l’agriculture biologique. Il s’agit du règlement (CEE) n° 2092/91 modifié du 24 juin 1991, notamment les alinéas 7 et 11, les articles 4 chap. 7, art. 5 chap. 4a, art 7 chap. a, art. 11 chap. 6a, art. 12, annexe III a, chap. 9, annexe IV c.

Référence à l’agriculture biologique

Pour produire de la gelée royale bio française, l’apiculteur doit respecter le cahier des charges de la gelée bio française. Il doit également se soumettre au système de contrôle mis en place par le règlement européen n° 2092/91/CEE modifié. C’est du moins ce qu’implique la référence à l’agriculture biologique.

Au respect du principe de continuité territoriale, l’utilisation de la référence à l’agriculture biologique, aux conditions établies par le cahier des charges de la gelée royale bio, s’étend à l’intégralité du territoire français.

Fabrication gelée royale bio : la zone de butinage

Conformément aux dispositions du cahier des charges de la gelée royale bio, le producteur doit disposer ses ruches dans des zones sauvages ou en agriculture biologique. En d’autres termes, pour prétendre à la référence à l’agriculture biologique, les productions ne doivent pas provenir de végétations qui ont été traitées par des pesticides pendant leur période de floraison.

Pour permettre le contrôle de ce critère, l’apiculteur doit fournir une carte IGN par rucher ainsi que la déclaration des risques liés à leurs différents emplacements. Le contrôle de la zone de butinage peut également être consolidé par l’analyse mélisso-palynologique des miels et s’étend au moins sur une superficie de 1,5 km de rayon.

zone butinage gelée royale bio

Les zones soumises à des risques urbains ou industriels sont classées comme interdites par la Commission nationale des labels et des certifications de produits agricoles et alimentaires. Cette Commission est habileté à fixer les paramètres à prendre en compte pour quantifier et qualifier les risques. Elle fixe également les critères des zones interdites.

Par ailleurs, pour pouvoir prétendre à la certification biologique les ruchers doivent être éloignés d’au moins 3 km des zones interdites et les productions de gelée royale bio devront provenir de cultures biologiques ou de flores sauvages.

Identification et entretien des ruchers

Selon les règles en vigueur, l’identification des ruchers se fait par un numéro DSV. Quant aux ruches placées dans le rucher d’isolement, elles seront identifiées chacune par un numéro pour une période de deux ans.

Pour ce qui est de l’entretien des ruchers, il devra exclusivement être fait avec des produits expressément autorisés par l’annexe II du règlement CEE n° 2092/91 modifié. Ces produits ont pour rôle de permettre à l’apiculteur de contrôler l’invasion des ruches par les plantes sauvages. Le cahier des charges de la gelée bio interdit donc l’usage des débroussaillants, des herbicides ou tout autre produit de synthèse.

Gelée royale bio : le nourrissement des abeilles

Le cycle biologique des abeilles est défini par le cahier des charges de la gelée royale bio. Il impose à l’apiculteur la conduite à tenir pour favoriser l’accumulation des réserves pour le suivi des ruches pendant l’hiver.

En règle générale, les abeilles se nourrissent avec du miel qu’elles ont elles-mêmes produit. Cependant, en cas d’insuffisance des réserves dans la ruche, l’apiculteur peut nourrir les abeilles avec un ajout de miel bio.

Matériaux constitutifs et protection des cires autorisés dans les ruches et dans les hausses

Les ruches doivent être fabriquées à partir de matériaux naturels ou neutres respectueux de l’environnement. Il en est de même pour les produits utilisés pour protéger ces matériaux. Les produits susceptibles de contaminer l’environnement tels que les protections à base de créosotes ou carbonyles sont interdits par le cahier des charges de la gelée royale bio. En revanche, est autorisé le trempage des hausses en bois et des ruches dans de la cire microcristalline chauffée à une température comprise entre 135 °C et 150 °C.

protection ruches gelée royale bio

Pour protéger les hausses des rongeurs et autres parasites comme la teigne, l’apiculteur ne pourra utiliser que des moyens définis par l’agriculture biologique. Il s’agit notamment des moyens physiques (lumière, chaleur ou courants d’air), mais aussi des moyens chimiques et biologiques expressément autorisés par l’agriculture biologique. Le cahier des charges de la gelée royale bio interdit l’usage de produit provenant de la chimie de synthèse comme le dibromoéthylène ou le paradichlorobenzène.

Les cires utilisées doivent provenir impérativement d’unités de production biologique. Elles doivent également être exclusivement fabriquées à partir de la fonte de cadres de hausses ou d’opercules. Les unités de laminage et de transformation des cires ont l’obligation de garantir un façonnage spécifique aux cires biologiques conformément aux exigences du cahier des charges des apiculteurs biologiques.

Prophylaxie dans la fabrication de la gelée royale

Pour prévenir les risques sanitaires, le cahier des charges de la gelée royale autorise l’apiculteur à utiliser les moyens suivants :

  • Le nettoyage et la désinfection du matériel par grattage, eau de javel, soude et potasse, acide acétique ou le décapage flamme avec un chalumeau ;
  • La destruction du matériel contaminé ;
  • Un choix avisé des emplacements des ruchers et de leur environnement pour favoriser la disponibilité en quantité suffisante de pollen et de miels ;
  • Le renouvellement régulier des cires ;
  • La sélection de colonies fortes et populeuses capables de se défendre contre les agressions ;
  • Le renouvellement des reines tous les deux ans.

Lors du renouvellement de la reine, l’apiculteur pourra observer le comportement des abeilles afin de repérer les colonies qui ont un bon comportement hygiénique. Ces dernières sont en effet plus aptes à se défendre contre les maladies du couvain comme les loques et les mycoses.

Soins vétérinaires pour le rucher

Les soins vétérinaires seront exclusivement réalisés dans le rucher d’isolement, exception faite du traitement de la varroase qui doit être étendu au besoin à tout le cheptel.

Les soins vétérinaires devront être conformes à la législation en vigueur (médicaments AMM) ou être utilisés en tenant compte des usages vétérinaires en cours. Par ailleurs, lors des maladies légalement contagieuses, le cahier des charges de la gelée royale impose une application sans réserve de la législation en vigueur.

Le cahier des charges autorise toutefois un apiculteur à utiliser des médicaments ayant obtenu une AMM en attendant la mise au point et l’homologation des médicaments plus proches des matières simples autorisés par le cahier des charges. De plus, un seul traitement après récolte est autorisé par an.

Fabrication de la gelée royale bio : la récolte

Un apiculteur ne peut prétendre à la certification bio s’il récolte une gelée royale produite par des abeilles qui ont péri de contamination ou d’intoxication par des polluants. De même, il est interdit de détruire les colonies d’abeilles pour produire ou récolter de la gelée royale bio française.

Conformément au cahier des charges de la gelée royale bio, l’apiculteur peut utiliser pour sa production des cellules artificielles en matériaux réutilisables. Tous les ustensiles et toutes les cellules impliquées dans la production et la récolte de la gelée royale devront être de qualité alimentaire.

cahier des charges gelée royale bio

Dans le même ordre, en attendant le greffage des larves, l’amorçage des cellules doit se faire uniquement avec de la gelée royale de l’apiculture biologique française.

Les opérations de récolte devront impérativement être réalisées le jour du retrait des barrettes des ruches. Par ailleurs, les barrettes prélevées devront être conservées à l’abri de la lumière, protégées du dessèchement et gardées à une température inférieure à celle de la colonie d’abeilles.

Les larves devront obligatoirement être enlevées avant l’extraction. L’extraction de la gelée royale peut se faire à l’aide d’une spatule, par la force centrifugeuse ou avec une pompe à vide. Le produit récolté devra ensuite être filtré puis conservé dans des récipients de qualité alimentaire notamment des contenants en verre.

Immédiatement après la récolte, la gelée royale devra immédiatement être entreposée à froid à une température comprise entre 2 °C et 5 °C.

Caractéristiques et hygiène des locaux d’extraction, de conditionnement et de stockage

Conformément au cahier des charges de la gelée royale, le local dans lequel est extraite la gelée doit disposer de postes de travail fonctionnels, d’un point d’eau et d’une armoire frigorifique pour stocker le produit extrait entre 2 °C et 5 °C.

Pour ce qui est du nettoyage, de la désinfection des locaux et du matériel de récolte et d’extraction, ils doivent être faits uniquement avec des produits autorisés en agriculture biologique en conformité avec l’arrêté du 10 novembre 1993, paru au J.O.R.F. du 30 novembre 1993. Les produits devront être utilisés en respectant scrupuleusement les doses réglementaires ou celles prescrites par le fabricant.

Si les installations et le matériel servant à la récolte et à l’extraction de la gelée royale bio sont utilisés pour d’autres opérations, ils devront être nettoyés avant et après chaque opération. En d’autres termes, au cas où les locaux servant à la transformation, au conditionnement et au stockage de la gelée royale sont également utilisés pour des produits non issus du mode de production biologique :

  • Le stockage des produits issus du mode de production biologique devra être fait dans des pièces séparées avant et après les opérations ;
  • Les opérations concernant les produits issus du mode de production biologique devront être effectuées par séries complètes. Elles devront être séparées dans le temps et dans l’espace de toute autre opération du même type concernant des produits non issus du mode de production de l’agriculture biologique.
  • Si les opérations concernant les produits issus du mode de production biologique ne sont effectuées que périodiquement, elles devront être annoncées. Un délai sera alors fixé de commun accord avec l’organisme de certification.
  • Le producteur a l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer l’identification et la traçabilité des lots de façon à éviter les mélanges entre les deux catégories de produits.

emballage gelée royale bio

Conditionnement et étiquetage de la gelée royale bio

La gelée royale issue de l’apiculture biologique doit être naturellement fraîche : elle ne doit avoir subi ni congélation, ni surgélation et pas de lyophilisation. Par ailleurs, l’étiquette du produit devra donner des recommandations précises sur ses conditions de conservation.

Le matériel utilisé pour le conditionnement de la gelée royale doit préserver l’intégrité du produit. D’abord, en cas d’utilisation d’une doseuse, celle-ci devra être de qualité alimentaire. Ensuite, la gelée royale devra être vendue dans des bocaux étanches en verre opaque ou en verre fumé pour préserver le produit de la lumière. Enfin, chaque bocal devra être vendu dans un emballage isotherme. Ces procédés de conditionnement, de stockage, d’expédition et de distribution permettent au cahier des charges de la gelée royale bio de garantir le respect de la chaîne de froid.

Pour être certifié bio, un mélange de miel et de gelée royale ne doit être composé que de gelée et de miel produits selon les règles de l’apiculture biologique.

L’étiquetage d’un bocal ou d’un pot de gelée royale doit mentionner :

  • La dénomination de l’organisme de certification ;
  • Une date limite d’utilisation optimale (DLUO) ;
  • Des conseils de conservation ;
  • L’adresse de l’organisme de certification, son code postal et le numéro d’agrément du produit.

Normes qualitatives de la gelée royale bio

Pour garantir la qualité de ses produits, le producteur doit respecter toutes les recommandations du cahier des charges de la gelée royale. Il doit également s’engager à laisser l’organisme certificateur effectuer au moins une fois par an des analyses sur des lots de son choix. Par ailleurs, il revient à l’organisme de décider du meilleur moment pour procéder aux analyses. Ces analyses portent entre autres sur :

  • L’analyse physico-chimique, microbiologique et mélisso-palynologique ;
  • La recherche de résidus exogènes pouvant résulter de traitements phytosanitaires sur les aires de butinage des abeilles ;
  • La recherche de contamination en cours de récolte et d’extraction.

Le plan des analyses à effectuer est fourni par l’annexe « GELÉE ROYALE ». En fonction des résultats obtenus et en cas de non-respect d’un ou de plusieurs critères du cahier des charges de la gelée royale, l’organisme certificateur décidera de l’exclusion du produit incriminé du circuit de l’agriculture biologique.

Enfin, il est important de privilégier les produits français, car ceux d’importations étrangères ne suivent pas forcément les mêmes normes et critères de fabrication bio.